Lettres de Paul Cottin à Edouard Dumont
Lettre du 31 mai 1894 :  

31 mai 1894

Mon cher cousin,

Comme c’est vous qui avez eu l’obligeance de penser à une nouvelle édition de Chantelauze, et que l’offre de Mr Didot n’est qu’une conséquence de votre bonne idée, il faut que je vous tienne au courant de ce qui s’est passé à ce sujet.
Aussitôt revenu de Toulon, j’ai été voir Mr Maurice Didot auquel j’ai dit comment je comprenais la seconde édition de l’ouvrage de Chantelauze, et qui m’a demandé de lui envoyer une petite note à cet égard. Je la lui ai envoyée le 28 avril. Elle contient les propositions suivantes : 1° Extraire des ouvrages sur Louis XVII, parus depuis le livre de Chantelauze, tout ce qu’il y a de nouveau sur la question, et le transporter dans la nouvelle édition. 2° Compléter le chapitre relatif au cœur, avec les documents publiés par la Revue Rétrospective. 3° Donner quelques pages sur les faux Louis XVII, que Chantelauze a passé sous silence.
Tout cela, sans préjudice des documents dont l’existence pourrait se révéler au cours de mon travail.
Quelques jours après l’envoi de ma lettre, j’en reçu une de la librairie Didot, où l’on m’apprenait que Mr Maurice Didot était absent pour une quinzaine de jours, et que je ne pourrais pas recevoir de réponse avant ce délai.
Les choses en sont restées là, soit que Mr Maurice Didot ne se trouve pas encore à Paris, soit qu’il n’ait pas encore pris de parti sur cette question, assez important pour qu’on y réfléchisse mûrement. Aussi n’est-ce point le défaut de réponse qui m’engage à vous écrire, mais seulement le désire bien naturel de vous tenir au courant de ce qui s’est passé.
J’ai reçu un certain nombre de coupures de journaux, depuis celles que vous connaissez ; elles se répètent toutes. Un journal que vous n’avez jamais lu, sans doute, et qui se publie à Bordeaux, intitulé La Légitimité, organe Naundorffiste, fait mieux : il reproduit à peu près intégralement tout ce que j’ai publié sur le cœur de Louis XVII, commentaires, documents et notes, en ayant pris le soin de m’envoyer ses numéros. Il manque sans doute de copie et s’en procure ainsi à bon marché. Mais comme je trouve qu’il abuse un peu de la permission (que je ne lui ai pas donnée), je vais voir ce qu’il peut y avoir à faire en cette conjoncture.
Si les numéros de La Légitimité et les autres extraits de journaux vous intéressent, vous n’avez qu’à le dire et je vous les enverrai.
Croyez-moi bien, mon cher cousin, votre très affectueusement dévoué.
Paul Cottin
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